Les appareils et la technologie peuvent faire défaut

Une histoire d’ACD et de cétones racontée par Kat S, de l’Ontario

Le jour où j’ai vécu une ACD a été l’un des jours les plus terrifiants de ma vie.

Je vivais à Toronto et je venais tout juste de sortir d’une relation difficile, alors je vivais seule. Entre la folie du déménagement, le travail, la gestion du diabète et tout le reste, je n’ai pas remarqué que ma pompe à insuline avait mal fonctionné et que, pour une raison ou une autre, elle ne m’avait donné aucun avertissement à ce sujet. Un soir, alors que je déballais mes boîtes, j’ai commencé à me sentir très, très malade et complètement à l’envers.

C’est là que j’ai remarqué que ma glycémie était dans les 20 mmol/L et plus. Je me suis bien sûr injecté de l’insuline manuellement immédiatement, mais après une demi-heure, ma glycémie ne baissait pas et je me sentais de pire en pire. J’ai appelé ma mère, qui vivait à cinq heures de route, et elle a insisté pour que j’appelle une ambulance et que j’aille à l’hôpital.

Vivre avec le diabète signifie souvent qu’on attire beaucoup d’attention, même quand on ne le veut pas. Je pense que c’est pour cette raison que je n’ai pas appelé d’ambulance et que j’ai plutôt pris un Uber pour me rendre à l’urgence. À mon arrivée, le personnel de l’hôpital ne semblait pas très inquiet de mon état. Même si je leur ai répété que j’avais le diabète de type 1 et que je sentais que quelque chose n’allait vraiment pas, on m’a quand même fait asseoir et attendre. Après environ 15 minutes, alternant entre des moments de conscience et d’inconscience, j’ai commencé à vomir violemment partout dans la salle d’urgence. Cela a semblé attirer leur attention, et c’est à partir de ce moment qu’on m’a prise en charge et qu’on m’a dit que j’étais en ACD.

Ils voulaient me transférer aux soins intensifs, ce à quoi je m’opposais fermement. Je crois que c’est parce que mon père était décédé alors que j’étais au début de la vingtaine. Il avait été envoyé aux soins intensifs et y était mort plus tard le même jour, alors ce n’était pas un endroit où j’allais me rendre de mon plein gré.

Heureusement pour moi, j’ai réussi à attraper l’ACD juste à temps, alors ils ont accepté de ne pas m’envoyer aux soins intensifs. Je suis quand même restée à l’hôpital pendant trois jours. Je me sentais horrible. J’ai manqué du travail, et même après ces trois jours, j’étais accablée par le fardeau psychologique que représentait le fait d’avoir vécu une ACD. Je me sentais comme un échec. Je me sentais comme une mauvaise diabétique. Je n’arrivais pas à croire que je m’étais laissée aller jusque-là, et j’ai ressenti énormément de honte.

Je surveille mes cétones lorsque je suis malade ou si je remarque une forme de résistance à l’insuline dans mon corps. Par exemple, je remarque que ma glycémie est trop élevée. Je remarque que l’insuline ne la fait pas baisser comme d’habitude. Je suis très nauséeuse. Je commence à me sentir étourdie. C’est presque comme se sentir très ivre sans avoir bu d’alcool. On ne se sent tout simplement pas normal. On a l’impression que son corps se bat contre soi, sans pouvoir rien faire pour l’arrêter. C’est vraiment une sensation horrible.

Si je soumets cette histoire, c’est parce que Percée DT1 a besoin de tous les dons possibles. Nous sommes si près de trouver une thérapie de guérison, de sauver plus de 300 000 personnes au Canada qui, autrement, devraient vivre ces expériences terrifiantes et potentiellement mortelles qui marquent bien plus longtemps que l’expérience elle-même.

Il est important de se rappeler que cela peut arriver à n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Et cela n’affecte pas seulement la personne diabétique. Cela touche sa famille, ses amis, son ou sa conjointe, ses collègues; tous ceux qui l’entourent ressentent la douleur d’une façon ou d’une autre.

La façon d’empêcher cela, c’est d’investir davantage dans la recherche, la science et la détermination à trouver une thérapie de guérison pour cette maladie ici, au Canada.

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