L’ACD n’est pas toujours évidente

Une histoire d’ACD et de cétones racontée par Natasha K, de la Colombie-Britannique

Q : Parlez-nous d’un moment où vous, ou un proche, avez vécu une ACD.

R : Pendant les six mois qui ont précédé mon épisode d’ACD, j’avais des problèmes gastro-intestinaux (surtout des brûlures d’estomac), des troubles du sommeil et une perte de poids inexpliquée. À mesure que les symptômes s’aggravaient, j’ai commencé à avoir des problèmes de mobilité : une marche plus lente, une fatigue générale et une incapacité à monter un escalier. Tout cela s’accompagnait aussi d’une intolérance extrême au froid — alors que je tolère habituellement très bien le froid

La veille de mon hospitalisation, j’ai commencé à avoir de la difficulté à respirer. Mes respirations étaient rapides, laborieuses et courtes, même en étant couchée sans faire d’activité physique. Comme c’était seulement trois jours avant un examen final, ma famille a simplement mis ça sur le compte du stress des examens et n’a pas pris ma respiration rapide au sérieux — même si je n’avais AUCUN antécédent d’anxiété avant des examens scolaires, donc ce n’était pas mon état « normal ».

Cependant, comme la difficulté à respirer ne s’est pas résorbée le lendemain, ils ont insisté pour m’amener à l’urgence. À mon arrivée à l’hôpital, je pouvais à peine marcher; le personnel infirmier a dû me déplacer en fauteuil roulant dans le service des urgences pendant qu’on me prélevait plusieurs échantillons sanguins et qu’on effectuait une radiographie pulmonaire. J’ai été hospitalisée peu après et immédiatement branchée à cinq voies intraveineuses différentes (dont une pour l’insuline). J’ai aussi dû me soumettre à des tests par piqûre au doigt toutes les heures et à de nombreuses autres prises de sang pour surveiller mes électrolytes, tandis qu’un moniteur affichait mes signes vitaux juste à côté de ma civière.

Trois jours plus tard, une endocrinologue m’a montré comment installer un système de surveillance du glucose en continu (SGC), comment lire et interpréter ma glycémie en temps réel, et comment m’injecter moi-même de l’insuline. Une fois que les médecins ont été convaincus que je maîtrisais ces tâches de base, ils m’ont donné mon congé avec mes nouvelles ordonnances, des consignes pour l’autosurveillance à la maison et un rendez-vous de suivi une semaine plus tard.

La leçon la plus importante : il faut toujours prendre au sérieux les premiers signes avant-coureurs. Ne pas le faire peut mener à une urgence médicale! Mes symptômes avaient commencé bien avant l’apparition des signes évidents d’acidocétose; ils ont débuté lorsque mon corps est entré dans un état de carence en insuline et se sont progressivement aggravés à mesure qu’ils étaient ignorés. Je sais, avec le recul, que mon diagnostic erroné de diabète de type 2 aurait pu être corrigé bien plus tôt; si j’avais reçu une insulinothérapie plus rapidement, une complication grave comme l’acidocétose diabétique aurait pu être évitée. Aujourd’hui, je porte une attention très étroite à ma glycémie et je vérifie mes cétones. Je fais consciencieusement le meilleur usage possible de la technologie liée au diabète et je maintiens un mode de vie sain afin de prévenir de futures urgences médicales et d’atténuer les complications du diabète.

Pour être en mesure de reconnaître les premiers signes avant-coureurs, vous devez savoir ce qui est « normal » pour vous. Si vous commencez à ressentir des symptômes d’« anxiété » ou une intolérance au froid qui ne correspond pas du tout à vos antécédents, consultez immédiatement un médecin!

Q : Comment intégrez-vous la surveillance des cétones à la gestion de votre DT1?

R : Je garde toujours une boîte de bandelettes de cétones à la maison. Je teste mes cétones dès que je ressens des symptômes comme des nausées, de la fatigue et une hyperglycémie qui ne répond pas à l’insuline, ou chaque fois que je prends une « journée de maladie ».

Q : Quels symptômes ressentez-vous lorsque vos cétones sont élevées?

R : Les symptômes typiques sont les nausées, la fatigue, l’hyperglycémie, une sensibilité réduite à l’insuline, des problèmes gastro-intestinaux comme des brûlures d’estomac, une intolérance au froid, des troubles du sommeil et parfois des ballonnements accompagnés de changements soudains de poids.

Plus révélateur encore, si des cétones sont présentes :

  • l’exercice physique fait augmenter ma glycémie au lieu de la faire baisser.
  • il y a des épisodes d’hyperglycémie inexpliquée, c’est-à-dire des pics de glycémie même sans manger, ou une glycémie à jeun élevée pendant toute la nuit (durant le sommeil) et avant le déjeuner.
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