Une recherche phare révèle pourquoi le diabète de type 1 est plus agressif chez les jeunes enfants 

Woman looking into test tube

Chez les jeunes enfants atteints de diabète de type 1 (DT1), presque toutes les cellules productrices d’insuline sont détruites avant de pouvoir arriver à maturité, ce qui aide à expliquer pourquoi la progression du DT1 est plus agressive durant la petite enfance. 

L’étude, publiée dans Science Advances (en anglais seulement), peu avant la Journée mondiale du diabète, a été financée par le Type 1 Diabetes Grand Challenge (en anglais seulement) du Royaume-Uni – un partenariat entre Breakthrough T1D UK, la Steve Morgan Foundation et Diabetes UK. Cette découverte importante fournit des renseignements précieux sur la grande variabilité de la progression du DT1 et met en lumière la nécessité du dépistage universel du DT1 et des immunothérapies à un stade précoce chez les jeunes enfants à risque de développer le DT1.  

Le DT1 est une maladie auto-immune, dans laquelle le système immunitaire attaque et détruit les cellules productrices d’insuline du pancréas. Chez les jeunes enfants, le DT1 évolue souvent plus rapidement, augmentant le risque d’urgences médicales telles que l’acidocétose diabétique au moment du diagnostic et nécessitant des doses d’insuline plus élevées que chez les personnes diagnostiquées à un âge plus avancé. 

Jusqu’à maintenant, les scientifiques disposaient de peu d’outils pour étudier le développement précoce des cellules bêta productrices d’insuline. Les cellules bêta se regroupent en « îlots de Langerhans », ou îlots, dans le pancréas. À ce jour, la majorité des recherches en biologie cellulaire se sont concentrées sur les îlots de taille moyenne ou grande, notamment parce que les petits îlots sont souvent perdus durant le processus d’isolement utilisé pour étudier les cellules individuelles. Chez les jeunes enfants, généralement de moins de 7 ans, la majorité des îlots sont petits, encore en formation, et ne contiennent que quelques cellules bêta productrices d’insuline.  

La nouvelle étude, dirigée par la Dre Sarah Richardson, professeure agrégée en biomédecine cellulaire à l’Université d’Exeter au Royaume-Uni, a utilisé des techniques scientifiques de pointe pour examiner ces petits regroupements avec un niveau de détail sans précédent. L’équipe a analysé des échantillons rares de pancréas provenant de plus de 250 personnes de divers âges, avec ou sans DT1. Les échantillons provenaient de nombreux biobanques mondiales, dont le Network for Pancreatic Organ Donors with Diabetes (nPOD), financé par Breakthrough T1D.  Ils ont examiné comment ces regroupements changent avec l’âge et comment ils sont affectés par le système immunitaire.  

Les résultats confirment que le développement le plus rapide des cellules des îlots se produit durant les premières années de vie. 

Pour la première fois, les chercheurs ont démontré que, chez les personnes atteintes de DT1, ces petits îlots sont presque complètement absents, ayant été détruits par le système immunitaire. Alors que certaines personnes atteintes de DT1 conservent quelques grands îlots leur permettant de produire de petites quantités d’insuline, ce n’est pas le cas pour celles diagnostiquées à un jeune âge. 

Ensemble, les résultats suggèrent que les nombreux petits îlots présents chez les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à l’attaque immunitaire liée au DT1. Leur destruction rapide empêche leur maturation, laissant très peu de cellules productrices d’insuline plus tard dans la vie, tandis que les îlots plus matures chez les adultes semblent quelque peu plus résistants à l’attaque auto-immune. L’apparition du DT1 à l’âge adulte peut ainsi préserver une capacité résiduelle de production d’insuline. 

Cette recherche souligne le rôle essentiel de ces petits îlots dans le développement normal du pancréas et ouvre la voie à de nouveaux traitements visant à protéger les petits regroupements de cellules productrices d’insuline chez les jeunes enfants, leur donnant une chance de mûrir en îlots plus grands et moins vulnérables à l’attaque immunitaire. Elle renforce également l’idée que le dépistage du diabète de type 1 – particulièrement chez les jeunes enfants – est essentiel pour identifier les personnes aux stades précoces du DT1 avant que ces cellules cruciales ne soient perdues, lorsque des interventions d’immunothérapie en phase initiale peuvent contribuer à prévenir la perte des îlots immatures. 

Percée DT1 Canada dispose actuellement d’une subvention de 12 millions de dollars, cofinancée par le Partenariat pour vaincre le diabète Percée DT1-IRSC, qui finance DépisterCan DT1 – un réseau de recherche national unique qui explore les questions clés liées à la faisabilité et à l’acceptabilité du dépistage du DT1 dans la population générale au Canada. Le consortium s’appuie sur l’expérience d’autres projets de dépistage du DT1 menés à grande échelle dans d’autres pays.  

Les résultats de cette recherche pourraient contribuer à éclairer les immunothérapies pour les personnes aux stades précoces du DT1 afin de préserver la masse des îlots et la capacité de production d’insuline. 

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