
Construire des solutions de nouvelle génération pour le DT1
Aspect Biosystems, dont le siège social est à Vancouver, a récemment annoncé un nouveau partenariat de 280 millions de dollars avec le gouvernement du Canada. La cheffe scientifique de Percée DT1 Canada, Sarah Linklater, s’est entretenue avec le fondateur et chef de la direction d’Aspect, Tamer Mohamed, pour discuter de ce que cette annonce signifie pour l’avenir du traitement du diabète de type 1 (DT1).
Sarah : Pour les lecteurs qui ne connaissent peut-être pas encore Aspect Biosystems, pouvez-vous nous expliquer ce que fait l’entreprise et quelles sont les conditions de santé sur lesquelles vous vous concentrez?
Tamer : Aspect est pionnière dans ce que nous appelons les thérapies cellulaires bioingéniées. En termes simples, il s’agit de médicaments cellulaires conçus pour remplacer la fonction perdue en raison d’une maladie — et sans avoir recours à une immunosuppression à long terme.
Notre principal domaine d’intérêt est celui des maladies métaboliques et endocriniennes, et le DT1 est l’une de nos grandes priorités. Nous développons une thérapie de remplacement des îlots dérivés de cellules souches qui vise à rétablir le contrôle de la glycémie sans nécessiter d’immunosuppression chronique, ce qui représente depuis longtemps l’un des plus grands défis dans ce domaine.
Nous appliquons également notre technologie de plateforme à d’autres maladies endocriniennes, notamment l’insuffisance surrénalienne primaire et d’autres affections rares. Dans tous ces domaines, notre objectif est le même : mettre toute la puissance de notre plateforme au service de maladies graves qui ont été extrêmement difficiles à traiter — et développer des médicaments curatifs.
Sarah : Aspect a récemment annoncé d’importants investissements de la part du gouvernement du Canada. Qu’est-ce que cela signifie pour la communauté du DT1?
Tamer : Le Canada a une longue et fière histoire en matière de recherche sur le diabète, notamment grâce à la découverte de l’insuline. Plus de 100 ans plus tard, ce partenariat vise à faire d’Aspect Biosystems le chef de file de la prochaine vague de médicaments curatifs, en bâtissant quelque chose de véritablement générationnel, ancré au Canada.
En 2024, nous avons lancé un partenariat de 200 millions de dollars avec les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique afin de faire progresser notre plateforme et notre portefeuille de thérapies. Plus récemment, nous avons approfondi ce partenariat grâce à un nouveau projet de 280 millions de dollars avec le gouvernement fédéral, pour renforcer nos capacités de développement clinique et nous permettre d’aller jusqu’au bout.
Pour la communauté du DT1, cette annonce est importante parce qu’elle accélère notre capacité à faire progresser les thérapies vers des stades de développement clinique avancés. Elle nous rapproche de l’objectif de mettre des médicaments curatifs entre les mains des personnes au Canada et partout dans le monde — et ce, en bâtissant ici même une entreprise de biotechnologie de premier plan pour les générations futures.
Sarah : La médecine régénératrice est un domaine en pleine évolution, particulièrement dans le contexte du DT1. Qu’est-ce qui distingue l’approche d’Aspect?
Tamer : Trois éléments sont essentiels pour développer des thérapies cellulaires à potentiel curatif sans recours à l’immunosuppression chronique. Premièrement, l’accès à des îlots dérivés de cellules souches de haute qualité. Deuxièmement, des technologies d’évasion immunitaire de pointe qui protègent ces cellules du système immunitaire. Et troisièmement, les capacités de fabrication nécessaires pour produire ces thérapies à grande échelle.
Nous avons franchi une étape importante plus tôt cette année grâce à notre partenariat avec Novo Nordisk, qui permet d’intégrer des technologies clés d’ingénierie de cellules souches et de cellules hypo-immunes sous la direction d’Aspect. Combiné à notre récent investissement fédéral, cela nous offre une réelle opportunité de développer des thérapies qui pourraient être transformatrices pour les personnes vivant avec le DT1.
Sarah : Dans les années à venir, comment Aspect envisage-t-elle de collaborer avec la communauté de recherche et de pratique clinique en DT1, y compris avec Percée DT1?
Tamer : Le partenariat avec les personnes que nous cherchons à aider est absolument au cœur de ce que nous faisons. À mesure que nous progressons vers les premières études chez l’humain, il devient encore plus important d’approfondir notre compréhension de l’expérience vécue par les patients.
Dès les débuts, Percée DT1 a joué un rôle dans l’orientation de notre parcours — nous avons bénéficié d’une subvention industrielle qui nous a permis de nous concentrer sur le DT1, puis d’un soutien du Fonds DT1. Notre partenariat avec Percée DT1 n’a jamais été uniquement une question de capitaux. Il s’agissait d’une mission commune, de partage de connaissances, de réseautage et d’apprentissage.
Nous savons que les défis à venir sont immenses, et cela nous donne une véritable leçon d’humilité. Mais nous sommes déterminés. Notre travail ne sera pas terminé tant que nous n’aurons pas réellement changé la vie des personnes vivant avec le DT1 — et nous n’allons pas nous arrêter avant d’y être parvenus.