
Un nouvel essai clinique financé par Percée DT1, dirigé par le Dr Ahmad Haidar et Dre Melissa-Rosina Pasqua (Université McGill), explore si le tirzépatide, un médicament couramment utilisé pour le diabète de type 2, peut améliorer les systèmes d’administration automatisée de l’insuline (AAI).
Qu’est-ce que le tirzépatide?
Le tirzépatide est un type de thérapie d’appoint en complément de l’insuline pour le diabète portant le nom de arGLP-1RA, l’abbréviation de « agoniste récepteur du peptide-1 apparenté au glucagon (GLP-1) ». Les arGLP-1 permettent au pancréas de mieux répondre aux signaux de l’hormone GLP-1, qui est libérée après avoir mangé. Cette hormone aide à gérer la glycémie et la prise de poids en supprimant la libération de glucagon, en stimulant la production d’insuline (chez les personnes non atteintes de DT1) et en ralentissant la vitesse à laquelle l’estomac se vide, réduisant ainsi l’appétit et augmentant la sensation de satiété.
L’utilisation du tirzépatide est actuellement approuvée par Santé Canada pour le diabète de type 2 (Mounjaro) et la gestion du poids (Zepbound), mais n’est pas approuvée en ce moment pour le DT1.
Qu’est-ce que l’essai clinique des Drs Haidar et Pasqua examinera?
L’essai clinique des Drs Haidar et Pasqua, financé par Percée DT1, examinera si le tirzépatide peut aider à améliorer la gestion du glucose chez les personnes vivant avec le DT1 qui utilisent un système d’administration automatisée d’insuline (AAI).
Les systèmes d’AAI (ou hybrides en boucle fermée) consistent en une pompe à insuline et un système de surveillance continue du glucose qui sont connectés par un algorithme pour ajuster automatiquement l’administration d’insuline en fonction des taux de glucose. Toutefois, la plupart des systèmes actuels sont encore considérés comme étant « hybrides » parce que les utilisateurs doivent calculer les glucides manuellement et s’administrer des bolus d’insuline avant les repas. Cette étape demeure une partie parmi les plus contraignantes de la gestion du diabète.
Cette nouvelle étude vise à se rendre à la prochaine étape : permettre une administration d’insuline entièrement en boucle fermée, où le système gère le contrôle du glucose en entier par lui-même, sans exiger des utilisateurs d’annoncer les repas ou de calculer les glucides. L’essai clinique évaluera si le tirzépatide peut aider à atteindre cet objectif.
Comment le tirzépatide remplacera-t-il les annonces de repas et le calcul des glucides?
Le dosage d’insuline au moment des repas demeure nécessaire avec les systèmes d’AAI actuels en raison d’un écart temporel :
- Le glucose des aliments entre dans la circulation sanguine rapidement
- L’insuline administrée sous la peau agit plus lentement
Cet écart mène à des pics de glycémie après les repas (post-prandial) si les bolus aux repas ne sont pas administrés à l’avance. Le tirzépatide vise à résoudre cet écart temporel, notamment en :
- Ralentissant la vidange gastrique, ce qui retarde l’entrée du glucose dans la circulation sanguine
- Supprimant le glucagon (une hormone qui fait augmenter la glycémie), ce qui aidera à réduire les pics après les repas
- Réduisant l’appétit, ce qui diminue l’apport en nourriture et les besoins au quotidien en insuline
Ensemble, ces effets peuvent réduire l’écart entre l’absorption de nourriture et l’action de l’insuline, facilitant la tâche au système automatisé pour maintenir des taux de glucose stables sans intervention manuelle.
Renseignements sur l’essai clinique
Un essai clinique utilisant le tirzépatide pour aider les adultes atteints de diabète de type 1 à réguler automatiquement leur glycémie est prévu être mené à Montréal de 2026 à 2029.
L’étude s’effectuera auprès de 105 adultes utilisant la technologie Tandem Control-IQ, un système d’AAI sur le marché. Au début de l’étude, tous les participants utiliseront la pompe sous sa forme hybride, laquelle requiert encore des utilisateurs de s’administrer eux-mêmes des bolus d’insuline manuellement avant les repas. Dans les dernières semaines de l’étude, les participants qui prennent le tirzépatide passeront à un mode entièrement automatisé (boucle fermée), où le système gèrera l’administration de l’insuline sans ces bolus manuels aux repas.
Cette étude sera menée en collaboration avec l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) (Rémi Rabasa-Lhoret, MD, Ph. D.) et l’Université de Berne (Lia Bally, MD, Ph. D.; Christoph Grani, MD, Ph. D.; et Maricel Peters, MD, Ph. D.).
Pour vous informer sur d’autres essais cliniques auxquels vous pourriez être admissible à participer, consultez : Percée DT1 – Essais cliniques
Comment cette étude s’accorde-t-elle avec la pratique clinique?
Les plus récentes lignes directrices de pratique clinique (publiées par Diabète Canada en 2025) recommandent d’envisager des thérapies d’appoint pour les adultes vivant avec le DT1, sur la base d’une prise de décision partagée avec l’équipe de soins.
Cette même mise à jour des lignes directrices recommande également que l’insuline soit administrée idéalement à l’aide d’une pompe à insuline reliée à un système de surveillance continue du glucose, et que ces dispositifs soient offerts à toutes les personnes vivant avec le DT1, à condition qu’elles soient prêtes à porter les dispositifs et à en assurer le fonctionnement.