Un essai clinique sur le GLP-1RA (tirzépatide) sera mené au Canada

Image of a doctor and a patient in a consultation with no faces showing. Doctor holding a spring-loaded lancing device / Photo d'un médecin et d'un patient en consultation, dont les visages ne sont pas visibles. Le médecin tient un autopiqueur à ressort.

Un nouvel essai clinique financé par Percée DT1, dirigé par le Dr Ahmad Haidar et Dre Melissa-Rosina Pasqua (Université McGill), explore si le tirzépatide, un médicament couramment utilisé pour le diabète de type 2, peut améliorer les systèmes d’administration automatisée de l’insuline (AAI).

Qu’est-ce que le tirzépatide?

Le tirzépatide est un type de thérapie d’appoint en complément de l’insuline pour le diabète portant le nom de arGLP-1RA, l’abbréviation de « agoniste récepteur du peptide-1 apparenté au glucagon (GLP-1) ». Les arGLP-1 permettent au pancréas de mieux répondre aux signaux de l’hormone GLP-1, qui est libérée après avoir mangé. Cette hormone aide à gérer la glycémie et la prise de poids en supprimant la libération de glucagon, en stimulant la production d’insuline (chez les personnes non atteintes de DT1) et en ralentissant la vitesse à laquelle l’estomac se vide, réduisant ainsi l’appétit et augmentant la sensation de satiété.  

L’utilisation du tirzépatide est actuellement approuvée par Santé Canada pour le diabète de type 2 (Mounjaro) et la gestion du poids (Zepbound), mais n’est pas approuvée en ce moment pour le DT1.

Qu’est-ce que l’essai clinique des Drs Haidar et Pasqua examinera?

L’essai clinique des Drs Haidar et Pasqua, financé par Percée DT1, examinera si le tirzépatide peut aider à améliorer la gestion du glucose chez les personnes vivant avec le DT1 qui utilisent un système d’administration automatisée d’insuline (AAI).

Les systèmes d’AAI (ou hybrides en boucle fermée) consistent en une pompe à insuline et un système de surveillance continue du glucose qui sont connectés par un algorithme pour ajuster automatiquement l’administration d’insuline en fonction des taux de glucose. Toutefois, la plupart des systèmes actuels sont encore considérés comme étant « hybrides » parce que les utilisateurs doivent calculer les glucides manuellement et s’administrer des bolus d’insuline avant les repas. Cette étape demeure une partie parmi les plus contraignantes de la gestion du diabète.

Cette nouvelle étude vise à se rendre à la prochaine étape : permettre une administration d’insuline entièrement en boucle fermée, où le système gère le contrôle du glucose en entier par lui-même, sans exiger des utilisateurs d’annoncer les repas ou de calculer les glucides. L’essai clinique évaluera si le tirzépatide peut aider à atteindre cet objectif.

Comment le tirzépatide remplacera-t-il les annonces de repas et le calcul des glucides?

Le dosage d’insuline au moment des repas demeure nécessaire avec les systèmes d’AAI actuels en raison d’un écart temporel : 

  • Le glucose des aliments entre dans la circulation sanguine rapidement
  • L’insuline administrée sous la peau agit plus lentement

Cet écart mène à des pics de glycémie après les repas (post-prandial) si les bolus aux repas ne sont pas administrés à l’avance. Le tirzépatide vise à résoudre cet écart temporel, notamment en :

  • Ralentissant la vidange gastrique, ce qui retarde l’entrée du glucose dans la circulation sanguine
  • Supprimant le glucagon (une hormone qui fait augmenter la glycémie), ce qui aidera à réduire les pics après les repas
  • Réduisant l’appétit, ce qui diminue l’apport en nourriture et les besoins au quotidien en insuline

Ensemble, ces effets peuvent réduire l’écart entre l’absorption de nourriture et l’action de l’insuline, facilitant la tâche au système automatisé pour maintenir des taux de glucose stables sans intervention manuelle.

Renseignements sur l’essai clinique

Un essai clinique utilisant le tirzépatide pour aider les adultes atteints de diabète de type 1 à réguler automatiquement leur glycémie est prévu être mené à Montréal de 2026 à 2029.

L’étude s’effectuera auprès de 105 adultes utilisant la technologie Tandem Control-IQ, un système d’AAI sur le marché. Au début de l’étude, tous les participants utiliseront la pompe sous sa forme hybride, laquelle requiert encore des utilisateurs de s’administrer eux-mêmes des bolus d’insuline manuellement avant les repas. Dans les dernières semaines de l’étude, les participants qui prennent le tirzépatide passeront à un mode entièrement automatisé (boucle fermée), où le système gèrera l’administration de l’insuline sans ces bolus manuels aux repas.

Cette étude sera menée en collaboration avec l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) (Rémi Rabasa-Lhoret, MD, Ph. D.) et l’Université de Berne (Lia Bally, MD, Ph. D.; Christoph Grani, MD, Ph. D.; et Maricel Peters, MD, Ph. D.).

Pour vous informer sur d’autres essais cliniques auxquels vous pourriez être admissible à participer, consultez : Percée DT1 – Essais cliniques

Comment cette étude s’accorde-t-elle avec la pratique clinique?

Les plus récentes lignes directrices de pratique clinique (publiées par Diabète Canada en 2025) recommandent d’envisager des thérapies d’appoint pour les adultes vivant avec le DT1, sur la base d’une prise de décision partagée avec l’équipe de soins.

Cette même mise à jour des lignes directrices recommande également que l’insuline soit administrée idéalement à l’aide d’une pompe à insuline reliée à un système de surveillance continue du glucose, et que ces dispositifs soient offerts à toutes les personnes vivant avec le DT1, à condition qu’elles soient prêtes à porter les dispositifs et à en assurer le fonctionnement.

Pleins feux sur le Dr Patrick MacDonald : approfondir les connaissances mondiales sur les îlots humains

Image of Dr. Patrick MacDonald
Dr. Patrick MacDonald

Guérir le diabète de type 1 (DT1) passe par deux actions : il faut s’attaquer à la réponse auto-immune qui endommage les cellules bêta productrices d’insuline, et il faut remplacer les cellules bêta détruites pour rétablir la capacité à produire de l’insuline.  

Les cellules bêta se trouvent dans des agrégats de plusieurs types de cellules dans le pancréas. Ces amas portent le nom d’îlots de Langerhans, ou « îlots » pour simplifier. Pour comprendre la façon de protéger les îlots et de les remplacer, nous devons en savoir le plus possible sur les îlots en santé, et les raisons pour lesquelles ils sont détruits chez les personnes atteintes de DT1. Puisque les îlots ne peuvent être examinés à l’intérieur du corps et qu’ils ne peuvent être prélevés sur un donneur vivant, les chercheurs ont largement recours à des îlots provenant de donneurs décédés.

Le Dr Patrick MacDonald de l’Université de l’Alberta est un chef de file mondial de la coordination d’échantillons d’îlots et de données pour les chercheurs à l’échelle mondiale, tout en favorisant les possibilités de formation à l’échelle nationale. Le Dr MacDonald dirige le Alberta Diabetes Institute (ADI) IsletCore, la plus importante « source unique » de tissus humains au monde pour la recherche sur le pancréas.

« Notre objectif avec ADI IsletCore, et avec les autres travaux auxquels nous participons, est d’élever la recherche sur le diabète et la transplantation partout au Canada et à l’international. Nous croyons qu’il est essentiel de partager les résultats expérimentaux de la recherche sur les tissus humains à grande échelle, pour honorer les dons altruistes des donneurs d’organes et au bénéfice de la communauté entière du diabète », dit le Dr MacDonald.

ADI IsletCore au Canada

ADI IsletCore isole et expédie des îlots et des tissus pancréatiques à un réseau de près de 200 laboratoires de recherche aux quatre coins du monde. Avec près de 50 dons de pancréas en 2025, il a été en mesure de distribuer presque 7 millions de cellules équivalentes aux îlots à des chercheurs, amenant leur total général à 75 millions d’îlots équivalents distribués à ce jour. Ceci se traduit par plus de 300 articles scientifiques mentionnant le soutien d’ADI IsletCore à la recherche.

Base de données sur les îlots

Avec le soutien du  Partenariat pour vaincre le diabète IRSC-Percée DT1, le Dr MacDonald et son équipe ont développé une base de données avant-gardiste en ligne qui catalogue les fonctions moléculaires, cellulaires et physiologiques des îlots provenant de donneurs d’organes humains acquis par l’entremise d’ADI IsletCore.

HumanIslets.com (en anglais) permet[SD1]  à des chercheurs partout dans le monde d’explorer la fonction des îlots, des protéines et des voies comparant les donneurs avec et sans diabète. Ils ont misé sur ce travail pour obtenir 1,8 million $ additionnels de financement, dont une bourse de Breakthrough T1D International de[SD2]  750 000 $ pour élargir la plateforme afin d’inclure les îlots issus de cellules souches et d’intégrer l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine dans les analyses.  

La recherche du Dr MacDonald a considérablement contribué à l’avancement de la recherche sur une guérison pour le DT1 en intégrant d’imposants ensembles de données de centaines de donneurs humains et rendant cette ressource accessible au public.  

Collaboration internationale

Le Dr MacDonald partage maintenant son expertise à l’international par le biais d’une collaboration sur le développement de centres de distribution d’îlots.  

L’Australie a lancé son premier centre national de distribution d’îlots financé par Percée DT1 en avril 2026, lequel est critique puisque l’Australie est une région éloignée et a besoin de prélever des tissus à l’échelle locale pour la recherche. Le Dr MacDonald agit à titre de conseiller pour cet important et nouveau centre d’îlots, lequel contribuera à renforcer la collaboration à l’échelle mondiale et à approfondir notre compréhension des îlots humains.

En plus de ce partenariat en Australie, le Dr MacDonald collabore également à des programmes de distribution d’îlots au Michigan, États-Unis, et en Suède pour soutenir davantage un réseau de recherches interreliées dans ce domaine à la grandeur du globe. Il a récemment publié un article dans Diabetologia sur la coordination des efforts à l’échelle mondiale pour faire progresser la recherche sur les îlots par l’entremise du partage de ressources.

Former des leaders en devenir

Le Dr MacDonald assure la supervision de IsletCore et la direction d’un laboratoire actif de recherche, et a également cofondé, et fut président du groupe de direction initial, du Réseau de recherche et formation sur les îlots du Canada (R2FIC). Le R2FIC est un réseau de recherche et formation sur les îlots au Canada de renommée mondiale qui entend miser sur la réputation du Canada en matière d’excellence dans la recherche sur la biologie des îlots, en facilitant l’échange d’informations et d’idées à l’aide de rencontres scientifiques en personne et virtuelles, en rehaussant le mentorat et l’avancement professionnel des stagiaires et en favorisant l’engagement et la collaboration entre les chercheurs dans le domaine des îlots au Canada et dans le monde entier. Percée DT1 fut ravie de collaborer avec le R2FIC pour cofinancer quatre cohortes de stagiaires.

Le travail du Dr MacDonald est un élément crucial pour comprendre les îlots issus de cellules souches et démontre le pouvoir de la collaboration mondiale, un principe fondamental de la stratégie de recherche de Percée DT1. Ses contributions nous rapprochent de pouvoir produire ces cellules à grande échelle et de les offrir aux Canadiennes et aux Canadiens atteints de DT1.

Une conversation avec Aspect Biosystems  

Construire des solutions de nouvelle génération pour le DT1

Aspect Biosystems, dont le siège social est à Vancouver, a récemment annoncé un nouveau partenariat de 280 millions de dollars avec le gouvernement du Canada. La cheffe scientifique de Percée DT1 Canada, Sarah Linklater, s’est entretenue avec le fondateur et chef de la direction d’Aspect, Tamer Mohamed, pour discuter de ce que cette annonce signifie pour l’avenir du traitement du diabète de type 1 (DT1).

Sarah : Pour les lecteurs qui ne connaissent peut-être pas encore Aspect Biosystems, pouvez-vous nous expliquer ce que fait l’entreprise et quelles sont les conditions de santé sur lesquelles vous vous concentrez?

Tamer : Aspect est pionnière dans ce que nous appelons les thérapies cellulaires bioingéniées. En termes simples, il s’agit de médicaments cellulaires conçus pour remplacer la fonction perdue en raison d’une maladie — et sans avoir recours à une immunosuppression à long terme.

Notre principal domaine d’intérêt est celui des maladies métaboliques et endocriniennes, et le DT1 est l’une de nos grandes priorités. Nous développons une thérapie de remplacement des îlots dérivés de cellules souches qui vise à rétablir le contrôle de la glycémie sans nécessiter d’immunosuppression chronique, ce qui représente depuis longtemps l’un des plus grands défis dans ce domaine.

Nous appliquons également notre technologie de plateforme à d’autres maladies endocriniennes, notamment l’insuffisance surrénalienne primaire et d’autres affections rares. Dans tous ces domaines, notre objectif est le même : mettre toute la puissance de notre plateforme au service de maladies graves qui ont été extrêmement difficiles à traiter — et développer des médicaments curatifs.

Sarah : Aspect a récemment annoncé d’importants investissements de la part du gouvernement du Canada. Qu’est-ce que cela signifie pour la communauté du DT1?

Tamer : Le Canada a une longue et fière histoire en matière de recherche sur le diabète, notamment grâce à la découverte de l’insuline. Plus de 100 ans plus tard, ce partenariat vise à faire d’Aspect Biosystems le chef de file de la prochaine vague de médicaments curatifs, en bâtissant quelque chose de véritablement générationnel, ancré au Canada.

En 2024, nous avons lancé un partenariat de 200 millions de dollars avec les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique afin de faire progresser notre plateforme et notre portefeuille de thérapies. Plus récemment, nous avons approfondi ce partenariat grâce à un nouveau projet de 280 millions de dollars avec le gouvernement fédéral, pour renforcer nos capacités de développement clinique et nous permettre d’aller jusqu’au bout.

Pour la communauté du DT1, cette annonce est importante parce qu’elle accélère notre capacité à faire progresser les thérapies vers des stades de développement clinique avancés. Elle nous rapproche de l’objectif de mettre des médicaments curatifs entre les mains des personnes au Canada et partout dans le monde — et ce, en bâtissant ici même une entreprise de biotechnologie de premier plan pour les générations futures.

Sarah : La médecine régénératrice est un domaine en pleine évolution, particulièrement dans le contexte du DT1. Qu’est-ce qui distingue l’approche d’Aspect?

Tamer : Trois éléments sont essentiels pour développer des thérapies cellulaires à potentiel curatif sans recours à l’immunosuppression chronique. Premièrement, l’accès à des îlots dérivés de cellules souches de haute qualité. Deuxièmement, des technologies d’évasion immunitaire de pointe qui protègent ces cellules du système immunitaire. Et troisièmement, les capacités de fabrication nécessaires pour produire ces thérapies à grande échelle.

Nous avons franchi une étape importante plus tôt cette année grâce à notre partenariat avec Novo Nordisk, qui permet d’intégrer des technologies clés d’ingénierie de cellules souches et de cellules hypo-immunes sous la direction d’Aspect. Combiné à notre récent investissement fédéral, cela nous offre une réelle opportunité de développer des thérapies qui pourraient être transformatrices pour les personnes vivant avec le DT1.

Sarah : Dans les années à venir, comment Aspect envisage-t-elle de collaborer avec la communauté de recherche et de pratique clinique en DT1, y compris avec Percée DT1?

Tamer : Le partenariat avec les personnes que nous cherchons à aider est absolument au cœur de ce que nous faisons. À mesure que nous progressons vers les premières études chez l’humain, il devient encore plus important d’approfondir notre compréhension de l’expérience vécue par les patients.

Dès les débuts, Percée DT1 a joué un rôle dans l’orientation de notre parcours — nous avons bénéficié d’une subvention industrielle qui nous a permis de nous concentrer sur le DT1, puis d’un soutien du Fonds DT1. Notre partenariat avec Percée DT1 n’a jamais été uniquement une question de capitaux. Il s’agissait d’une mission commune, de partage de connaissances, de réseautage et d’apprentissage.

Nous savons que les défis à venir sont immenses, et cela nous donne une véritable leçon d’humilité. Mais nous sommes déterminés. Notre travail ne sera pas terminé tant que nous n’aurons pas réellement changé la vie des personnes vivant avec le DT1 — et nous n’allons pas nous arrêter avant d’y être parvenus.

From Beta Cells to Bicycles


Le Centre d’excellence Percée DT1 Canucks For Kids Fund de l’Université de la Colombie-Britannique lance un nouveau balado pour la communauté du diabète de type 1 (DT1)

Le Centre d’excellence Percée DT1 Canucks for Kids Fund de l’Université de la Colombie-Britannique (Centre d’excellence) réunit l’expertise de leaders mondiaux de la recherche ainsi que des partenariats issus de l’industrie, des soins de santé, des gouvernements et du milieu universitaire autour d’un objectif unique : guérir le DT1. Le Centre crée un environnement propice à une collaboration multidisciplinaire soutenue entre trois sites clés – le Life Sciences Institute de l’UBC, le BC Children’s Hospital Research Institute (BCCHRI) et le Vancouver General Hospital (VGH) – permettant des avancées rapides et une translation efficace des découvertes en laboratoire vers des solutions cliniques pour les personnes vivant avec le DT1.

Une partie de ses travaux porte également sur la mobilisation des connaissances et le soutien des expériences vécues, notamment grâce au Groupe consultatif sur l’expérience vécue du DT1 du Centre d’excellence Percée DT1 Canucks for Kids Fund à l’UBC, qui joue un rôle clé lors des activités de rayonnement du Centre et favorise le dialogue entre les chercheurs et les personnes vivant avec le DT1.

Pour renforcer cette approche, et lancé au début de 2026, le Centre d’excellence s’est associé au balado populaire From Beta Cells to Bicycles du BC Diabetes Research Network’s (BCDRN) pour créer une série spéciale consacrée au Centre d’excellence. From Beta Cells to Bicycles est une série axée sur la recherche, la mobilisation communautaire et la collaboration.

Diffusé sur Simplecast, chaque épisode comprend une brève introduction de Krista Lamb, communicatrice scientifique. Krista se spécialise dans la vulgarisation de concepts médicaux complexes afin de créer des récits captivants qui aident les auditeurs et les lecteurs à comprendre pourquoi ces avancées scientifiques sont importantes dans leur vie.

« Nous sommes ravis de partager avec le public, et particulièrement avec les personnes ayant une expérience vécue du DT1, certaines des activités de recherche et des avancées passionnantes qui se déroulent au Centre d’excellence Percée DT1 Canucks for Kids Fund de l’UBC. Le Centre est devenu un pôle d’excellence en recherche, en formation et en partage des connaissances sur le DT1. Nous apprenons énormément grâce à nos échanges avec les personnes ayant une expérience vécue et aux perspectives qu’elles apportent, et nous espérons que ce balado vous permettra de saisir à la fois les promesses et les défis de la recherche sur le DT1 au sein du Centre, alors que nous travaillons activement au développement de nouvelles thérapies cellulaires, géniques et moléculaires pour les personnes vivant avec le DT1 ou à risque de le développer », explique le Dr Bruce Verchere, l’un des codirecteurs de recherche du Centre d’excellence.

Contenu et thèmes des épisodes 
Cinq épisodes ont été publiés, chacun portant sur des thèmes clés :

  • Épisode 1 : Codirection en recherche — discussion sur les modèles de leadership partagé avec la Dre Megan Levings et le Dr Bruce Verchere, mettant l’accent sur les partenariats, la synergie d’équipe et l’approche collaborative du Centre d’excellence pour développer des stratégies de protection de l’insuline.
  • Épisode 2 : Voix de l’expérience — exploration de la mobilisation significative et de la co-conception avec des perspectives diversifiées en recherche en santé, avec la participation de Lindsay Pallo, Ben, Ramya et Beth.
  • Épisode 3 : Du laboratoire à la vie réelle — mise en lumière des travaux de translation du Dr Francis Lynn et du Dr James Johnson sur les thérapies cellulaires pour le DT1, en mettant l’accent sur le rayonnement, le financement et les retombées pour le public.
  • Épisode 4 : Naviguer dans la translation — réflexion sur l’équilibre entre innovation et éthique dans la translation de la recherche, avec les perspectives de la Dre Megan Levings et du Dr Timothy Kieffer.
  • Épisode 5 : Réflexions sur la recherche —participation de la cheffe scientifique de Percée DT1 Canada et de la présidente et cheffe de la direction, Dre Sarah Linklater et Jessica Diniz, qui reviennent sur les leçons tirées de la recherche participative et collaborative, ainsi que sur les orientations futures du Centre d’excellence et de la recherche sur les thérapies de guérison à base de cellules souches au Canada et à l’échelle mondiale.

Dans leur épisode de From Beta Cells to Bicycles, (en anglais seulement) Sarah et Jessica expliquent pourquoi Percée DT1 Canada investit dans des équipes de recherche multidisciplinaires plutôt que dans des laboratoires individuels, puisque les progrès en recherche sur le DT1 reposent sur la collaboration entre la biologie des cellules bêta, l’immunologie, le génie biomédical et la recherche en translation clinique. Le modèle de Centre d’excellence offre un financement soutenu et flexible qui permet de réduire la nature fragmentée des subventions traditionnelles et d’accélérer le passage des découvertes du laboratoire vers des retombées concrètes.

La discussion aborde également les leçons tirées depuis le lancement du Centre d’excellence, notamment l’importance de partenariats solides, d’une mobilisation significative des personnes vivant avec le DT1 et de la formation de la prochaine génération de chercheurs.

Elles ont aussi discuté d’avancées prometteuses dans les thérapies modifiant l’évolution de la maladie, comme Tzield, tout en mettant en garde contre des échéanciers irréalistes et en soulignant la nécessité d’accompagner les percées scientifiques d’efforts de défense d’intérêts pour un accès équitable aux dispositifs liés au diabète et à leur couverture.

L’épisode se conclut sur une note d’optimisme quant à l’avenir de la recherche canadienne sur le DT1, au travail du Centre d’excellence Percée DT1 Canucks for Kids Fund, et à la conviction partagée que l’avenir offrira plusieurs options thérapeutiques adaptées aux besoins diversifiés des personnes vivant avec le diabète de type 1.

Nous remercions le Centre d’excellence Percée DT1 Canucks for Kids Fund de nous avoir permis de participer comme invités à From Beta Cells to Bicycles.

Écoutez les cinq épisodes ici : https://diabetes-from-beta-cells-to-bicycles.simplecast.com/ (en anglais seulement)

 

Une première pédiatrique canadienne pour le diabète de type 1

Pour la première fois au Canada, Tzield (teplizumab) a été administré à des enfants* — deux patients à l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique (en anglais seulement) atteints d’un diabète de type 1 (DT1) à un stade précoce.

Ce jalon est important, car il démontre des progrès concrets vers ce que la communauté du DT1 attend depuis des décennies : des traitements capables de modifier l’évolution de la maladie, et non seulement de la gérer.

Tzield est conçu pour retarder la progression du DT1 chez les personnes qui présentent des signes précoces de la maladie, mais qui n’ont pas encore besoin d’insuline. Les études cliniques montrent qu’il peut retarder l’apparition d’un diabète insulinodépendant d’environ deux ans (médiane) chez les adultes et les enfants admissibles.

Pour les familles, ce temps est précieux. Il peut signifier moins d’urgences médicales et davantage de temps pour se préparer à la suite.
Une autre nouvelle encourageante en provenance des États-Unis est que la FDA a approuvé Tzield pour les enfants âgés d’un an et plus atteints du DT1 de stade 2. Au Canada, Tzield est actuellement approuvé pour les personnes âgées de 8 ans et plus. Vous pouvez lire le communiqué de presse de Sanofi ici.

Pourquoi cela compte au-delà de deux patients
Le fait que Tzield ait maintenant été administré à des enfants au Canada est un signe encourageant que davantage de personnes commencent à bénéficier de la première thérapie modifiant l’évolution de la maladie pour le DT1. Bien que l’accès demeure limité, cela indique un changement vers une intervention plus précoce — avant le besoin d’insuline — plutôt que d’attendre le diagnostic.

Un petit nombre d’adultes ont déjà reçu ce traitement depuis son approbation par Santé Canada en 2025. Ce qui est nouveau — et significatif —, c’est que les enfants commencent maintenant eux aussi à en bénéficier.
Comment les personnes peuvent-ils bénéficier de Tzield au Canada?
Pour être admissible à Tzield, il faut être identifié par dépistage comme étant à un stade précoce du DT1. Le dépistage du DT1 permet de détecter la présence de certains autoanticorps, ce qui peut indiquer qu’une personne présente un risque élevé de développer un diabète de type 1.

Au Canada, les membres de la famille d’une personne vivant avec le DT1 peuvent se faire dépister par l’entremise de TrialNet (pour les parents du premier et du deuxième degré partout au Canada) et de FEDERATE-Can (pour les parents du premier degré au Québec). Cependant, seulement 10 à 15 % des personnes nouvellement diagnostiquées ont des antécédents familiaux, ce qui signifie que le dépistage familial à lui seul ne permet pas de détecter plus de 85 % des nouveaux cas.

Les personnes sans parent du premier ou du deuxième degré vivant avec le DT1 peuvent discuter du site www.uncovert1d.ca avec leur professionnel de la santé pour explorer d’autres options.

Bien que Tzield soit approuvé comme thérapie par Santé Canada, l’Agence des médicaments du Canada a annoncé en janvier une recommandation de ne pas rembourser ce traitement.

Percée DT1 Canada continuera d’investir dans la recherche sur la détection précoce et de faire de la défense d’intérêts pour améliorer l’accès au dépistage et aux traitements modifiant l’évolution de la maladie.

*Le médicament teplizumab a été fourni par la société pharmaceutique Sanofi dans le cadre de son programme de soutien aux patients.

Mise à jour du nouveaux essais cliniques de phase 3 pour étudier l’efficacité du baricitinib en tant que thérapie modificatrice de la maladie pour le DT1 

MISE À JOUR : Mars 2026 

Deux nouveaux essais cliniques de phase 3 pour étudier l’efficacité du baricitinib en tant que thérapie modificatrice de la maladie pour le DT1. 

Le baricitinib est un inhibiteur de JAK qui interfère avec des voies de signalisation essentielles tant pour les cellules immunitaires que pour les cellules bêta. Ce médicament pourrait prolonger la « période de lune de miel » du DT1, c’est-à-dire préserver davantage de cellules bêta productrices d’insuline au début de la progression de la maladie. Plus de cellules bêta signifie une meilleure gestion de la glycémie — et possiblement une réduction des complications à long terme. 

À la suite de résultats très prometteurs provenant d’une étude de phase 2 financée par Breakthrough T1D sur le baricitinib chez des personnes nouvellement diagnostiquées avec le DT1 en Australie (voir ci-dessous le compte rendu complet et les résultats), Eli Lilly and Company lance maintenant deux nouveaux essais cliniques internationaux de phase 3. Ces nouveaux essais internationaux incluront des sites au Canada — cliquez sur les liens ci-dessous pour voir où les études recrutent : 

BARICADE-DELAY 

  • But :  Déterminer si le baricitinib peut retarder l’apparition du DT1 clinique (stade 3) chez des personnes à haut risque 
  • Admissibilité : Avoir entre 1 et 36 ans et être au stade 2 du DT1 
  • Résultat principal : Temps écoulé jusqu’au diagnostic du DT1 de stade 3 

BARICADE-PRESERVE 

  • But :  Déterminer si le baricitinib peut préserver la fonction des cellules bêta chez des personnes nouvellement diagnostiquées avec le DT1 
  • Admissibilité : Avoir entre 1 et 36 ans et avoir reçu un diagnostic de DT1 de stade 3 au cours des 100 derniers jours 
  • Critère d’évaluation principal : Préservation du peptide C (une mesure de la production d’insuline) 

Pour en savoir plus sur l’essai et les critères d’admissibilité : BARICADE-PRESERVE
Étude sur le baricitinib (LY3009104) pour retarder l’apparition du diabète de type 1 de stade 3 chez les enfants et les adultes à risque

***

L’insuline, administrée par pompe ou par injection quotidienne multiple, reste le seul traitement disponible pour le diabète de type 1 (DT1). Percée DT1 vise à changer cela et à aller au-delà de l’insuline en accélérant le développement de médicaments qui préviennent, retardent ou inversent le DT1 en ciblant la réponse auto-immune, les cellules bêta ou les deux. Le soutien aux études qui explorent comment les médicaments peuvent préserver la fonction des cellules bêta est un élément clé de notre portefeuille de thérapies modificatrices de la maladie.

Dans le cadre d’un essai clinique financé par Percée DT1 et publié dans le réputé New England Journal of Medicine,* Thomas Kay, M.B.B.S., Helen Thomas, Ph.D., et d’autres chercheurs ont démontré que le baricitinib—une petite molécule qui bloque les Janus Kinase, essentielle pour signaler des voies au sein des cellules immunitaires et des cellules bêta dans le DT1—préservait la fonction des cellules bêta dans la maladie.*

L’étude BANDIT* a examiné l’utilisation du baricitinib, un traitement déjà approuvé par Santé Canada pour d’autres maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, chez des personnes atteintes de DT1 nouvellement diagnostiquées. Cette étude financée par Breakthrough T1D a été financée par Breakthrough T1D et Breakthrough T1D Australia et menée au St. Vincent’s Institute of Medical Research en Australie. L’étude a été réalisée après des années de recherche par Thomas Kay et d’autres chercheurs, ainsi qu’un travail important de Percée DT1 pour convaincre Eli Lilly de fournir le baricitinib pour l’étude.

Aperçu de l’étude

  • Les participants avaient entre 10 et 30 ans et ont commencé à prendre du baricitinib dans les 100 jours du diagnostic.
  • Les participants ont reçu soit du baricitinib, soit un placebo.
  • L’étude s’est déroulée sur 48 semaines, et les résultats ont été analysés à 12, 24, 36 et 48 semaines.
  • Le résultat principal était le peptide C moyen (une mesure de la quantité d’insuline encore produite par les cellules bêta d’une personne) après un repas standard à la semaine 48.
  • Les résultats secondaires étaient le taux d’HbA1c (taux de glycémie moyen sur une période de 2 à 3 mois), l’utilisation de l’insuline et les mesures prises par les systèmes de surveillance du glucose en continu (SGC).

Résultats

Chez 60 enfants et jeunes adultes nouvellement diagnostiqués, le baricitinib :

  • A préservé la production d’insuline, estimée par le peptide C
  • A amélioré la variabilité de la glycémie (les niveaux de glycémie sont plus stables) et le temps dans la cible (le pourcentage de votre journée dans les limites de vos objectifs de glycémie), grâce à l’utilisation d’un SGC.
  • A diminué le besoin d’insuline externe
  • A été bien toléré par les participants

L’effet du baricitinib a été obtenu en utilisant un seul comprimé oral quotidien, et c’est le premier essai d’immunothérapie à suggérer un bénéfice sur les mesures du SGC. (Le vérapamil, un comprimé à prendre une fois par jour, approuvé pour la gestion de la tension artérielle, a également préservé la fonction des cellules bêta, mais sans amélioration des mesures du SGC ou des besoins en insuline).

Quelle est la prochaine étape?

Actuellement, le baricitinib est approuvé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde chez les adultes au Canada. Il ne s’agit cependant pas d’une thérapie approuvée par Santé Canada pour les personnes atteintes de DT1. Percée DT1 a de nombreuses nouvelles avenues de recherche pour s’assurer que ce médicament et d’autres médicaments modificateurs de la maladie parviennent aux mains des personnes atteintes de DT1. Percée DT1 explore plusieurs essais cliniques pour voir si le baricitinib peut être efficace s’il est utilisé en association avec d’autres traitements, comme le Tzield™ (teplizumab-mzwv) ou le vérapamil.

Qu’est-ce que cela signifie pour les personnes atteintes de DT1?

Ces résultats prometteurs montrent que ce médicament peut prolonger la période de lune de miel (la phase du développement précoce du diabète de type 1 au cours de laquelle l’organisme produit encore une partie de sa propre insuline), mais d’autres études sont nécessaires avant qu’il puisse être mis à la disposition de la communauté du DT1. Comme ce médicament est déjà approuvé au Canada pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR), le parcours vers son utilisation potentielle dans le traitement du DT1 pourrait être plus rapide. Les études qui explorent l’utilisation de médicaments modificateurs de la maladie, comme le baricitinib ou l’ustekinumab, dans un autre essai financé par Percée DT1 qui recrute actuellement au Canada, sont essentielles pour aider Percée DT1 à s’attaquer à l’auto-immunité à l’origine du DT1.

Ce traitement n’est pas encore disponible au Canada pour les personnes atteintes de DT1, mais Percée DT1 communiquera d’autres mises à jour et résultats au fur et à mesure qu’ils seront disponibles.

(La vidéo n’est disponible qu’en anglais)

*uniquement disponible en anglais

Une première dans la thérapie cellulaire : des îlots transplantés fonctionnent sans immunosuppresseurs

Le 7 janvier 2025 (Suède), Sana Biotechnology a publié d’importantes données cliniques (en anglais seulement) : la première personne atteinte de diabète de type 1 (DT1) ayant reçu des cellules des îlots pancréatiques provenant d’un donneur décédé, modifiés pour échapper au système immunitaire, produit de l’insuline sans immunosuppression.

*** MISE À JOUR – Mars 2026 ***

Lors de la conférence internationale Advanced Technologies & Treatment for Diabetes, qui s’est tenue à Barcelone (Espagne), Per-Ola Carlsson, M.D., Ph.D., a présenté des résultats mis à jour d’un essai clinique de Sana portant sur une approche novatrice de thérapie cellulaire. Celle-ci vise à aider des cellules d’îlots transplantées à échapper à l’attaque immunitaire grâce à l’édition génétique, tout en continuant à produire de l’insuline.

Après 60 semaines, l’unique participant n’a signalé aucun effet indésirable grave ou inattendu, ce qui répond au critère principal d’innocuité de l’essai. Quatorze mois après la transplantation, le participant continuait de présenter un taux détectable de peptide C, indiquant que les cellules transplantées demeuraient vivantes et fonctionnelles.

Les chercheurs ont également observé que les taux de peptide C ont temporairement diminué après environ un an, probablement en raison d’un épuisement des cellules bêta, puis qu’ils ont ensuite remonté. Il s’agit d’un signal encourageant suggérant que les cellules transplantées pourraient être capables de retrouver leur fonction.

Bien que ces résultats soient encore très préliminaires, ils apportent une preuve de concept importante montrant que des cellules d’îlots modifiées génétiquement pour échapper au système immunitaire peuvent survivre et fonctionner chez une personne atteinte de diabète de type 1. Si ces résultats se confirment dans des études plus larges, cette approche pourrait rapprocher le domaine de thérapies cellulaires efficaces sans immunosuppression à long terme — un objectif majeur pour de futurs traitements curatifs du DT1.

*** MISE À JOUR – Juin 2025 ***

Sana Biotechnology a présenté des données mises à jour le 23 juin 2025, au point de suivi de six mois. Le seul patient ayant reçu une dose d’îlots pancréatiques de donneur hypo-immun est toujours en mesure de produire de l’insuline en réponse à un test de tolérance au repas mixte (MMTT), et ce, sans recours aux immunosuppresseurs.

Les détails

Il s’agit d’un grand pas en avant pour les thérapies à base de cellules susceptibles de pouvoir guérir le DT1. La première étude de Sana avec des sujets humains porte sur des îlots allogènes, c’est-à-dire provenant d’une source externe, et dans le cas ici, de pancréas de donneurs décédés. Ces îlots ont été modifiés pour ne pas être reconnus par le système immunitaire(hypo-immunité) et ont été implantés par voie intramusculaire chez une personne atteinte de DT1. Après quatre semaines, le peptide C circulant a augmenté, signifiant que les cellules bêta ont survécu, qu’elles sont en santé et qu’elles produisent de l’insuline, et ce, sans immunosuppression et sans problème d’innocuité. Il s’agit de la première preuve que des cellules des îlots pancréatiques modifiés ont réussi à éviter l’attaque destructrice du système immunitaire.

Ce que cela signifie pour la communauté du DT1

Bien qu’il s’agisse d’une avancée incroyablement prometteuse pour la communauté du DT1, les cellules allogènes qui ont survécu sans utiliser d’immunosuppresseurs dans le cadre de cet essai clinique provenaient de cellules de donneurs décédés, et il n’y en aura jamais assez pour en fournir à toutes les personnes atteintes de DT1. L’essai clinique a été réalisé sur un seul participant et les données ne portent que sur quatre semaines – il s’agit d’une étude de validation du concept qui est prometteuse, mais très préliminaire.

Prochaines étapes : beaucoup de choses à venir

Percée DT1 estime que la meilleure chance de guérir le DT1 réside dans les thérapies à base de cellules souches parce que la quantité d’îlots provenant de donneurs décédés est limitée, alors que les îlots issus de cellules souches peuvent être produits à grande échelle. La modification des cellules pour éviter l’attaque du système immunitaire est une nouvelle voie pour protéger les cellules bêta productrices d’insuline et éviter l’utilisation d’immunosuppresseurs. Plus important encore, cette technologie est étudiée pour être appliquée aux thérapies à base de cellules souches, ce qui constitue une solution évolutive pour un plus grand nombre de personnes atteintes de DT1. Cette technologie hypo-immune nous rapproche de la possibilité de disposer de suffisamment de cellules d’évasion immunitaire pour toutes les personnes atteintes de DT1.

Un autre essai clinique est en cours pour tester une approche similaire (CRISPR) au Canada – https://essaiscliniques.perceedt1.ca/clinical-trial/NCT05565248.

Cette approche nécessitera beaucoup de temps, d’efforts et d’argent, mais nous faisons chaque jour un pas de plus vers une guérison pour le DT1 qui pourrait changer les vies. 

Rôle de Percée DT1

L’objectif principal des travaux de Percée DT1 dans le remplacement des cellules bêta est de placer des cellules productrices d’insuline chez les personnes atteintes de DT1 sans utiliser d’immunosuppresseurs. Percée DT1 soutient fortement le développement de thérapies à base de cellules souches qui ne nécessitent pas d’immunosuppression générale et Percée DT1 International, établie aux États-Unis, a récemment lancé une initiative visant à accélérer ce processus plus que jamais (Project ACT – Accelerate Cell Therapies – en anglais seulement). Pour contribuer à l’avancement de ces thérapies qui changent la donne, le Fonds DT1, un fonds de philanthropie de risque de Percée DT1 (en anglais seulement), a investi dans Sana (en anglais seulement), reconnaissant que sa technologie d’ingénierie hypo-immune était très prometteuse pour les thérapies cellulaires pour le DT1. Nous attendons avec impatience de voir la progression de l’essai clinique.

Message d’invité : À quoi ressemble une thérapie de guérison pour le diabète de type 1 (DT1)?  

À quoi ressemble une thérapie de guérison pour le diabète de type 1 (DT1)?  

Auteurs : Katie Bartel, Beth Miller, Tony Lucas, Benjamin Mammon, pour le Groupe consultatif sur l’expérience vécue du DT1 du Centre d’excellence Percée DT1 Canucks For Kids Fund à l’UBC 

C’est la question à laquelle le Groupe consultatif sur l’expérience vécue du diabète de type 1 a tenté de répondre par l’entremise d’un récent sondage anonyme.  

Le groupe a rapidement constaté qu’il ne s’agissait pas d’une énigme facile à résoudre. 

Le Groupe consultatif sur l’expérience vécue du DT1, qui fait partie du Centre d’excellence Percée DT1 Canucks For Kids Fund à l’UBC, joue un rôle clé dans les activités de sensibilisation du Centre et dans l’établissement d’un dialogue entre les chercheur·es et les personnes vivant avec le DT1. Le sondage a été conçu afin de recueillir des informations qui aideront à orienter ces échanges et, par conséquent, le programme de recherche du Centre axé sur les thérapies de guérison. (en anglais seulement)

Parmi les 49 personnes répondantes, les réponses variaient énormément quant à ce qu’une thérapie de guérison pour le DT1 représente : certaines souhaitent un retour complet de la production d’insuline, tandis que d’autres se disent satisfaites à l’idée d’une vie sans dispositifs médicaux. Certaines ont mis l’accent sur l’amélioration de la qualité de vie, tandis que d’autres ont eu de la difficulté à décrire ce qu’une thérapie de guérison pourrait être. 

« Le DT1 exige tellement de prises de décision au quotidien que je me demande ce que mon cerveau fera avec tout ce temps et cet espace libérés », a écrit une participante. « Serai‑je moins vulnérable à la fatigue décisionnelle? Plus résiliente face à la frustration… le potentiel est énorme, mais il est difficile d’imaginer concrètement ce que cela pourrait donner. »  

Ce sont précisément ce genre de réflexions que le Groupe consultatif estime essentiel de transmettre aux chercheur·es. 

« Si nous ne savons pas ce qu’un thérapie de guérison signifie pour les personnes vivant avec le DT1, nous ne pouvons pas travailler à l’atteindre », explique la Dre Søs Skovsø, coordonnatrice scientifique du Centre et présidente du Groupe consultatif. 

Et c’est là que le Groupe consultatif joue un rôle déterminant. 

Le groupe est composé de huit membres qui vivent avec le DT1 ou qui s’occupent d’une personne vivant avec le DT1. Son objectif est d’intégrer la voix des personnes concernées directement dans la recherche sur le DT1.  

Le Groupe consultatif a élaboré un sondage distribué à travers des réseaux locaux de la communauté du DT1. Le sondage est demeuré ouvert pendant un mois. Au total, 49 personnes y ont répondu : 33 % étaient proches aidantes, et 67 % vivaient avec le DT1. La majorité vivait au Canada — 53 % en Colombie‑Britannique et 41 % dans d’autres provinces. Les 6 % restant vivaient à l’international.  

La principale question était : « Qu’est‑ce qu’une thérapie de guérison pour le DT1 signifie pour vous? »  

Le sondage demandait notamment de coter l’importance de rétablir la capacité du corps à produire de nouveau sa propre insuline, comparativement à l’importance de prévenir l’attaque des cellules bêta par le système immunitaire. Les personnes répondantes devaient également évaluer l’importance d’une thérapie de guérison sans dispositifs médicaux, ainsi que l’impact sur la qualité de vie.  

51 % des personnes répondantes ont indiqué qu’une thérapie de guérison faisant appel à une thérapie à base de cellules souches serait extrêmement important; 58 % ont accordé la même importance à une thérapie immunitaire; et 40 % ont jugé qu’une vie sans dispositifs médicaux serait extrêmement importante. Lorsqu’on leur a demandé quel serait le principal avantage d’une thérapie de guérison pour le DT1, l’amélioration de la santé mentale arrivait en tête — devant la disparition des tests de glycémie, la fin de la dépendance à l’insuline et la réduction des risques de complications à long terme. 

La question dont les réponses ont le plus surpris le Groupe consultatif et les chercheurs du Centre portait sur le niveau de confiance que les personnes répondantes avaient quant à la possibilité de voir une thérapie de guérison dans leur vie.  

Les réponses étaient très partagées : certaines étaient optimistes, d’autres sceptiques.  

« La diversité des réponses ne reflète pas du tout l’incroyable travail qui se fait au Centre », souligne Beth Miller, membre du Groupe consultatif. « Cela montre qu’il y a un réel besoin d’améliorer la communication entre la communauté scientifique et la communauté du DT1. » 

La Dre Skovsø est du même avis. 

« Certaines personnes ont perdu espoir d’une thérapie de guérison, alors que d’autres croient que ce sera pour l’an prochain », dit-elle. « Cela signifie que la communauté scientifique doit mieux expliquer qu’une thérapie de guérison n’arrivera peut‑être pas l’année prochaine, mais qu’il est bel et bien à portée de main. »  

Selon le Dr Bruce Verchere, l’un des chercheurs principaux du Centre, le sondage est le premier du genre.  

« Ce sondage contribuera à augmenter l’impact de la recherche menée au Centre en aidant les chercheur·es à mieux comprendre les espoirs et attentes des personnes vivant avec le DT1, et à diriger leurs travaux de manière à réellement améliorer leur vie », explique-t‑il. 

« Ce qu’une thérapie de guérison signifie pour le parent d’un enfant vivant avec le DT1, pour quelqu’un qui vit avec la maladie depuis 30 ans, ou pour un·e chercheur·e, sera toujours différent, » ajoute la Dre Skovsø. « Nous espérons que ce sondage permettra d’ouvrir les esprits et de faire comprendre qu’une thérapie de guérison n’a pas qu’une seule définition — il est multiforme. » 

Ce sondage n’était que la première étape. Un deuxième sondage quantitatif est actuellement en préparation par le Groupe consultatif, en collaboration avec l’équipe scientifique du Centre, avec l’objectif d’atteindre un public plus large et de publier les résultats dans une revue scientifique. 

« C’est stimulant de voir le travail et les discussions du Groupe consultatif voyager vers la communauté scientifique », affirme la Dre Skovsø. En publiant une étude plus vaste, « nous pourrons susciter encore plus de discussions et de compréhension ». 

Annonce de subventions du Partenariat pour vaincre le diabète FRDJ-IRSC

Le rythme de la recherche sur le diabète de type 1 (DT1) est plus rapide que jamais.  

En novembre 2021, pour marquer le Mois national de sensibilisation au diabète, FRDJ a annoncé un nouvel investissement de sept millions de dollars pour le financement, dans le cadre du Partenariat pour vaincre le diabète FRDJ-IRSC, de quatre équipes canadiennes de recherche qui aideront à accélérer la mise au point de thérapies à base de cellules souches pour le DT1, qui amélioreront la recherche sur le diabète pédiatrique et la qualité au Canada, de même que notre compréhension des variations dans la production d’insuline chez les humains.  

Ces projets font partie des résultats du concours Subvention d’équipe : Mécanismes du diabète et solutions translationnelles, un investissement de 20 millions de dollars dans 10 projets de recherche. Diabète Canada, la Fondation canadienne du rein et le FRQSC ont également reçu du financement dans le cadre de ce concours et tous collaborent à l’amélioration des résultats de santé des Canadiennes et des Canadiens.  

FRDJ est heureuse de publier les résumés des quatre subventions de recherche :  

Créer des îlots à partir de cellules souches pour traiter le diabète

Timothy Kieffer, Ph. D. (Université de la Colombie-Britannique), Nika Shakiba (Université de la Colombie-Britannique), Elizabeth Rideout, Ph. D. (Université de la Colombie-Britannique; Chaire en science du sexe et du genre), Corinne Hoesli, Ph. D. (Université McGill), Christophers Moraes, Ph. D. (Université McGill)

Les personnes souffrant de diabète de type 1 sont privées des cellules qui libèrent l’insuline. Des chercheurs de l’Université de l’Alberta ont apporté des améliorations novatrices à la transplantation de grappes de cellules sécrétrices d’insuline. Malheureusement, les donneurs récemment décédés constituent actuellement l’unique source d’îlots pour la transplantation, et seulement une infime partie des patients ayant besoin de cette intervention y ont accès.

Au cours des dernières années, des progrès remarquables ont été accomplis dans la compréhension du processus de développement naturel des îlots dans le corps humain. Ainsi, il est aujourd’hui possible de reproduire en laboratoire de nombreuses étapes de ce processus avec des cellules souches cultivées afin de créer des cellules sécrétrices d’insuline. M. Kieffer et son équipe ont pour objectif d’améliorer significativement la fabrication des îlots et d’ainsi consolider le transport de l’insuline afin d’optimiser le processus de production de masse d’îlots dérivés de cellules souches qui constitueront la base de nouveaux essais cliniques sur des patients atteints de diabète de type 1.

Premier essai sur l’utilisation d’îlots dérivés de cellules souches pluripotentes induites (CSPI) autologues sur des humains — Personnaliser le traitement du diabète

Dr James Shapiro, (Université de l’Alberta), Timothy Kieffer, Ph. D. (Université de la Colombie-Britannique), Dr Gregory Korbutt, (Université de l’Alberta), Patrick MacDonald, Ph. D. (Université de l’Alberta), Andrew Pepper, Ph. D. (Université de l’Alberta), Dre Blaire Anderson (Université de l’Alberta), Dre Anna Lam (Université de l’Alberta), Dr Peter Senior (Université de l’Alberta), Dr Khaled Dajani (Université de l’Alberta) 

 Dans le diabète de type 1 (DT1, ~10 %), les cellules bêta sont détruites par le système immunitaire des patients. Dans le diabète de type 2 (DT2, ~90 %), l’organisme devient plus résistant à l’insuline, ce qui en augmente la demande et finit par endommager les cellules bêta. Notre équipe mettra au point un traitement à base de cellules souches visant à remplacer ou à renforcer les cellules bêta endommagées chez les personnes souffrant de tous les types de diabète.

L’équipe propose de fabriquer de nouvelles cellules semblables aux cellules bêta à partir des propres cellules sanguines des patients, ce qui en assurera l’acceptation par leur système immunitaire et éliminera ou réduira le besoin de médicaments antirejet. Dans ce premier essai sur des humains, elle implantera ces cellules sous la peau des patients et évaluera leur innocuité et leur efficacité préliminaire.  

La possibilité de produire une quantité illimitée d’îlots à partir des propres cellules des patients, éliminant ainsi le besoin d’immunosuppresseurs, ouvre de nouvelles possibilités dans le traitement de toutes les formes de diabète.

Un réseau de phénotypage approfondi pour comprendre la variation des îlots chez l’humain diabétique et en bonne santé

Patrick MacDonald, Ph. D., chercheur principal désigné, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada, Université de l’Alberta, et son équipe : James D. Johnson, Ph. D. (Université de la Colombie-Britannique), Jennifer Bruin, Ph. D. (Université Carleton) et Dr Jianguo (Jeff) Xia (Université McGill) 

L’insuline est la principale hormone responsable du contrôle de la glycémie. Les niveaux de cette hormone, sécrétée par les îlots de Langerhans dans le pancréas, montent après un repas afin de promouvoir le stockage énergétique, et redescendent lorsqu’on est à jeun, pour permettre la mobilisation énergétique. Les niveaux d’insuline dans le sang varient énormément d’une personne à l’autre. La nutrition, l’âge, le sexe, la génétique et les expositions environnementales sont tous des facteurs importants susceptibles d’influencer les niveaux d’insuline. Les mécanismes sous-jacents par lesquels ces facteurs influent sur la sécrétion d’insuline par les îlots au niveau cellulaire demeurent cependant obscurs.    

L’équipe cherche à comprendre la variabilité de la fonction des îlots chez l’humain au niveau des impacts génétiques et environnementaux sur les risques de diabète, ainsi qu’à définir les mécanismes associés à la dysfonction des îlots dans les cas de diabète. Pour ce faire, elle exploitera les données détaillées existantes, tirées d’organes donnés, sur les fonctions moléculaires, cellulaires et physiologiques des îlots. Elle créera également des outils et des ressources pour permettre à d’autres chercheurs d’explorer ces données afin de répondre à leurs propres questions sur la dysfonction des îlots qui accompagne le diabète.  

Développer les capacités de recherche sur le diabète pédiatrique et améliorer la qualité partout au Canada  

Dre Shazhan Amed, chercheuse principale désignée : B.C Children’s Hospital, et son équipe,

Dre Meranda Nakhla, (Hôpital de Montréal pour enfants; Université McGill), Dre Julia von Oettingen, (Hôpital de Montréal pour enfants; Université McGill) et Dr Ian Zenlea, (Trillium Health Partners; Université de Toronto) 

Malgré les nombreux progrès accomplis dans le traitement du diabète depuis la découverte de l’insuline il y a 100 ans, les jeunes souffrant de diabète demeurent plus vulnérables à certaines maladies que les autres jeunes, en plus d’avoir une qualité et une espérance de vie réduites. Cette disparité en santé est probablement attribuable en partie à l’accès sous-optimal aux soins pour le diabète et au manque d’efficacité dans la prestation des soins, surtout dans les populations défavorisées partout au pays. Notre projet vise à élaborer des stratégies pour combattre cette disparité. 

Le réseau CAPACIty (Canadian Pediatric Diabetes Consortium) est un regroupement de 15 centres de recherche sur le diabète infantile au pays. Les chercheurs font équipe avec des patients/familles et des professionnels de la santé afin de concevoir un registre et une plateforme de recherche sur le diabète pédiatrique pour tout le Canada. Le registre leur permettra d’améliorer le traitement du diabète et les résultats sur la santé pour les jeunes qui en sont atteints grâce à la comparaison de la qualité des soins et des résultats de la maladie entre les centres de recherche sur le diabète au Canada; des initiatives d’amélioration de la qualité; des projets de recherche axés sur les patients partout au pays; et une action revendicatrice efficace. 

Les chercheurs s’attendent à ce que le registre de CAPACIty influe positivement sur les résultats de santé et serve d’outil puissant aux gouvernements et aux décideurs pour la mise en œuvre de décisions stratégiques motivées par nos données. Enfin, le conseil consultatif des patients assurera une meilleure représentation des jeunes souffrant du diabète et de leurs parents au sein des associations nationales et provinciales qui défendent les intérêts des personnes diabétiques.  

Alors que nous célébrons le centenaire de la première injection d’insuline réussie, une réalisation révolutionnaire qui a sauvé des millions de vies, nous reconnaissons la nécessité de continuer d’investir dans la recherche qui nous mènera au-delà de l’insuline, à une guérison.   

Ces nouvelles subventions sont des pas importants dans cette direction.  

Pour en savoir plus sur le Partenariat pour vaincre le diabète FRDJ-IRSC : www.frdj.ca/la-recherche/projets-finances-par-frdj-irsc

Nouvelle étude des CDC : Les enfants qui se sont rétablis de la COVID-19 pourraient être exposés à un risque plus élevé de diabète

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FRDJ s’engage à fournir en temps opportun des informations sur les derniers comptes rendus de recherches pertinents pour la communauté du diabète. Au début de janvier 2022, des chercheurs des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis ont rapporté que les enfants qui se sont rétablis de la COVID-19 pourraient courir un risque plus élevé de recevoir un diagnostic de diabète.

L’analyse des CDC a été publiée dans le numéro du 7 janvier 2022 de l’organisation intitulé Morbidity and Mortality Weekly Report (en anglais seulement).

Le New York Times a publié les résultats le 7 janvier 2022 (l’abonnement peut être requis pour lire l’article au complet).

Selon l’article de The New York Times, « …L’étude des CDC est parmi les premières à examiner les grandes bases de données de réclamations d’assurance aux États-Unis afin d’estimer la prévalence des nouveaux diagnostics de diabète chez les enfants de moins de 18 ans qui ont contracté la COVID-19 ou dont on sait qu’ils ont été infectés par le coronavirus. »

Il est important de noter que l’étude, laquelle n’établit pas de distinction entre le diabète de type 1 (DT1) et le diabète de type 2 (DT2) ou toute autre forme de diabète, ne souligne qu’un lien qui découle des données examinées.

L’étude n’établit pas de quelle manière la COVID-19 peut entraîner (ni ne fournit de preuve qu’elle est en cause) une augmentation du risque pour les enfants de développer le diabète.

« En tant qu’organisation de recherche, FRDJ continuera à analyser ces faits et d’autres données liées à la COVID-19 et à tenir notre communauté au courant », dit Sanjoy Dutta, Ph. D., vice-président de la recherche, FRDJ International. « D’autres données dans le monde ne démontrent pas de lien entre la COVID-19 et l’apparition du diabète. Nous discutons avec des experts cliniciens afin d’évaluer les faits de manière plus approfondie. En attendant, nous exhortons les gens à surveiller de près les signes de DT1 et à prendre des mesures dont celle de la vaccination pour se protéger et protéger leurs proches. »

De quelle manière l’étude a-t-elle été menée?

L’étude des CDC se fonde sur un résumé de conclusions provenant de deux bases de données de réclamations médicales aux États-Unis, IQVIA et HealthVerity.

Les données examinées de ces deux bases de données concernaient environ 500 000 enfants de moins de 18 ans qui ont reçu un test positif de la COVID-19 entre le 1er mars 2020 et le 28 juin 2021.

L’incidence du diabète chez les personnes ayant contracté la COVID-19 est 166 pour cent plus élevée dans la cohorte IQVIA et 31 pour cent plus élevée dans la cohorte HealthVerity (les deux ont été comparées aux personnes qui ont reçu un test négatif de la COVID-19).

Il n’y avait pas de différence significative dans l’incidence du diabète entre les sous-groupes d’âge ou les sexes.

De plus, il n’y a aucune information dans les données examinées sur d’autres problèmes de santé qui pourraient avoir un lien avec le diagnostic de diabète (comme l’indice de masse corporelle, la tension artérielle, etc.). Les données ne tiennent pas compte non plus de la différence entre les origines ou ethnies ni ne comparent les résultats à d’autres cohortes dont l’accès aux soins de santé peut être différent (y compris un accès moins qu’adéquat aux soins de santé).

Une étude similaire n’a pas été menée au Canada avec une cohorte canadienne.

Le meilleur remède demeure la prévention.

Vaccins et DT1

Assurer la vaccination de tous est la meilleure défense contre la maladie grave et l’hospitalisation découlant de la COVID-19.

Toutes les données montrent que les vaccins approuvés contre la COVID-19 sont sécuritaires et efficaces pour les personnes atteintes de DT1. Les vaccins ont été testés chez des personnes atteintes de diabète (9,4 % avec Moderna, 8,4 % avec Pfizer-BioNTech et 0,5 % chez des participants à l’essai clinique de J&J qui sont atteints de diabète) et aucun effet indésirable n’a été signalé dans ces groupes.

FRDJ ne possède pas d’information à l’heure actuelle sur le nombre de personnes atteintes de DT1 qui ont participé à ces essais cliniques, ni sur tout effet indésirable lié au DT1 ayant été rapporté dans la littérature scientifique jusqu’à présent, et il n’y a pas de preuve maintenant qui indique que ces vaccins ne sont pas sécuritaires pour les personnes atteintes de DT1.

Au début de l’hiver 2021, FRDJ Canada a milité avec succès pour qu’une priorité soit accordée aux personnes atteintes de DT1 pour recevoir les vaccins contre la COVID-19 et ce, basé sur les données qui montrent que les adultes qui contractent la COVID-19 et qui sont atteints de diabète courent trois à quatre fois plus de risques de maladie grave et d’hospitalisation que les personnes qui ne sont pas atteintes de la maladie.

Depuis la fin de 2021, le vaccin de Pfizer-BioNTech a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans.  

Aucun vaccin n’a été approuvé encore pour les enfants de 6 mois à 4 ans, mais Pfizer mène des essais cliniques auprès d’enfants dans ce groupe d’âge.

Que faire si vous contractez la COVID-19 et que vous êtes atteint de DT1

Une personne atteinte de DT1 qui contracte la COVID-19 peut courir un risque plus élevé d’hyperglycémie (taux de sucre élevé dans le sang) et d’acidocétose diabétique.

Les symptômes d’acidocétose diabétique peuvent s’apparenter à ceux de la grippe, comme c’est le cas pour la COVID-19. Il est essentiel de vérifier les taux de glycémie continuellement et de consulter un professionnel de la santé en cas d’apparition de symptômes d’acidocétose diabétique.

Pour en savoir plus sur la gestion du DT1 avec la COVID-19 : www.frdj.ca/point-sur-la-covid-19-et-le-diabete-de-type-1-dt1/

Connaître les signes de DT1

Selon l’article du The New York Times sur l’analyse des données des CDC, « Plusieurs des enfants de l’étude n’ont reçu le diagnostic (de diabète) qu’après avoir subi un épisode d’acidocétose diabétique, une complication qui peut mettre la vie en danger et qui survient lorsque l’organisme ne possède pas assez d’insuline pour permettre aux cellules de transformer le sucre dans le sang en énergie ».

Les membres de la communauté du DT1 savent combien l’acidocétose diabétique peut être terrifiante et c’est souvent ce qui mène au diagnostic.

Il est important de connaître les signes de DT1 pour éviter un diagnostic d’acidocétose diabétique au diagnostic et de consulter vos fournisseurs de soins de santé primaires si l’un ou l’autre de ces signes se manifestent :

Fréquent besoin d’uriner

Augmentation de la soif

Bouche sèche

Démangeaisons ou peau sèche

Augmentation de l’appétit

Perte de poids non expliquée

Infections à levure

Pour en savoir plus sur les signes et les symptômes du DT1 : www.frdj.ca/les-principes-de-base-du-dt1/signes-et-symptomes

Si vous venez de recevoir un diagnostic de DT1, ou un proche, FRDJ Canada offre des ressources et un soutien pour vous aider à vous adapter à votre nouvelle réalité avec cette maladie. Consultez  https://www.frdj.ca/nouvellement-diagnostique pour plus d’informations ou contactez notre équipe d’engagement communautaire par l’entremise de nos services de soutien à www.frdj.ca/soutien/

FRDJ continuera de suivre les comptes rendus des recherches en lien avec la COVID-19 et le DT1 et fournira plus d’informations à mesure qu’elles sont disponibles.

Bilan de l’année 2021

2021 a été une année de force et nous pensons que 2022 sera une année d’espoir.

Les Canadiens sont résilients, et bien que cette pandémie continue de nous mettre au défi, vous avez prouvé qu’elle n’ébranlerait pas l’esprit tenace de la communauté de FRDJ. Par conséquent, FRDJ a pu faire progresser son important travail de soutien à la recherche qui nous rapprochera d’une guérison, tout en améliorant la vie des personnes touchées par le DT1 aujourd’hui.

Grâce à votre générosité et à votre esprit, FRDJ a connu une année révolutionnaire en finançant davantage la recherche, en établissant de nouveaux partenariats stratégiques, en continuant à soutenir les familles nouvellement diagnostiquées et en partageant les dernières nouvelles qui ont un impact sur la communauté du diabète de type 1.

2021 a marqué le 100e anniversaire de la découverte de l’insuline au Canada. Ensemble, nous avons commémoré cette étape importante en sensibilisant la population au diabète de type 1 (DT1), mais surtout, nous avons reconnu l’urgence d’accélérer la recherche d’une guérison.


Parmi les faits marquants de l’année passée, citons :

– Lancer la Campagne pour accélérer de 100 M $ et recueillir près de 50 % de notre objectif en un an et demi !

– Lancer le premier Centre d’excellence de FRDJ au Canada, à l’Université de la Colombie-Britannique, qui se consacre exclusivement à la recherche d’un moyen de guérir le DT1.

– Commencer à combler les lacunes critiques en matière de soins de santé mentale pour les personnes atteintes du DT1 en lançant notre nouvelle stratégie sur la santé mentale et le DT1.

Obtenir une meilleure couverture des dispositifs DT1 en Saskatchewan, en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario.

– Faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il renouvelle son engagement envers le Partenariat pour vaincre le diabète FRDJ-IRSC, avec un investissement de 30 millions de dollars de la part des donateurs de la FRDJ, et élargir l’accès au crédit d’impôt pour personnes handicapées

– Soutenir deux défis à l’échelle de l’industrie dans les secteurs de l’immobilier commercial et de la gestion du patrimoine qui ont rapporté 4,2 millions de dollars à notre Partenariat FRDJ-IRSC.

– Élargir notre programme Sac d’espoirMD de FRDJ en lançant de nouvelles Trousses de soins sans limites adaptées à l’âge des adolescents et des adultes qui viennent de recevoir un diagnostic de DT1.

– Rallier vos communautés pour soutenir FRDJ par le biais de la Marche, du Roulons, de galas virtuels et d’autres collectes de fonds uniques.

Le remplacement des cellules :

o Vertex a annoncé les résultats prometteurs de sa thérapie à base de cellules souches, initialement mise au point par Douglas Melton, un chercheur financé par FRDJ.

o ViaCyte et CRISPR Therapeutics, financés par FRDJ, lancent un essai clinique canadien de la première thérapie de remplacement cellulaire par génie génétique pour le DT1.

Les thérapies modificatrices de la maladie :

o Des chercheurs financés par FRDJ effectuent des essais cliniques avancés sur un médicament appelé ustekinumab, déjà approuvé pour traiter d’autres maladies auto-immunes, qui pourrait contribuer à ralentir et à arrêter la progression du DT1.

Les traitements pour améliorer des vies :

o FRDJ finance plusieurs études pour réduire les risques et les répercussions de l’hypoglycémie, ainsi que d’autres études pour atténuer les complications du DT1, comme les complications rénales et la maladie oculaire diabétique.

Le dépistage :

o FRDJ a lancé un projet de dépistage universel du DT1 chez les enfants en Israël, qui pourrait servir de base à un dépistage similaire dans la population générale du monde entier.

o FRDJ contribue à faciliter le dépistage pour les proches des personnes atteintes du DT1 à l’hôpital Sick Kids, par le biais de TrialNet

Pour en savoir plus sur les mises à jour de la recherche, consultez le site www.jdrf/ca/blog pour lire les articles sur les progrès encore plus incroyables qui ont eu lieu au cours de la dernière année en matière de recherche et de développement sur le DT1.

Malgré les défis que pose la poursuite de la pandémie, FRDJ est plus déterminée que jamais à faire tout ce qu’elle peut pour accélérer les percées qui changent la vie de toutes les personnes touchées par le DT1.

Il y a cent ans, le Canada a découvert l’insuline. Grâce à la puissance de la communauté de FRDJ, nous croyons que le Canada peut guérir le diabète.

Des nouvelles excitantes : des traitements à base de cellules souches produisent de l’insuline chez les participants atteints de diabète de type 1

*Illustration tirée de viacyte.com/pipeline/

L’une des priorités importantes de FRDJ consiste à financer les recherches les plus prometteuses qui pourraient mener à des thérapies curatives potentielles pour le diabète de type 1 (DT1).

ViaCyte, une entreprise de remplacement des cellules soutenue par FRDJ depuis longtemps, dispose de trois produits distincts de thérapie de remplacement des cellules souches en cours d’élaboration, tous dans le but de réduire ou d’éliminer le besoin d’insuline externe pour les personnes atteintes de DT1.

Les chercheurs explorent des moyens d’utiliser les cellules souches comme source renouvelable de cellules productrices d’insuline, lesquelles une fois transplantées, remplaceraient les cellules bêta qui sont détruites dans le corps d’une personne atteinte de DT1, leur permettant ainsi de produire de l’insuline de nouveau. Ceci viendrait réduire ou éliminer la quantité d’insuline externe requise par une personne atteinte de DT1 (par injection, stylo injecteur ou pompe) pendant des mois et même des décennies.

Les plus grands défis de la thérapie de remplacement de cellules souches consistent à identifier la source appropriée de cellules souches (c’est-à-dire, des cellules pancréatiques ou des cellules hépatiques) et à s’assurer qu’elles fonctionnent bien et qu’elles ne seront pas rejetées par le système immunitaire du receveur. Tout comme un organe transplanté, la plupart des thérapies de remplacement de cellules souches nécessitent des médicaments immunosuppresseurs pour éviter le rejet.

Mises à jour sur les essais cliniques de ViaCyte

PEC-Encap (VC-01™ ; voir sur l’illustration, deuxième ligne) était le premier produit de ViaCyte comprenant un précurseur dérivé de cellules souches qui, une fois implanté chez l’homme, a prouvé que ces cellules mûrissent pour devenir des cellules bêta produisant de l’insuline.

La deuxième technologie de l’entreprise, PEC Direct (VC-02™ ; voir sur l’illustration, première ligne), fait maintenant l’objet de deux articles qui communiquent les résultats préliminaires de son étude clinique, à laquelle a participé une équipe internationale de cliniciens et de chercheurs, dont plusieurs de l’Université d’Alberta et de la Faculté de médecine de l’Université de Colombie-Britannique et de Vancouver Coastal Health (VCH).

L’étude de l’UCB-VCH fait partie des essais cliniques internationaux plus vastes menés par ViaCyte, qui examine également l’efficacité de la thérapie de remplacement des cellules sur des participants dans des sites au Canada, aux États-Unis et en Belgique.

L’un des nouveaux articles étudie 15 participants à l’essai sur le site de Vancouver. Au début de l’étude de l’UCB-VCH, chaque participant s’est vu implanter plusieurs dispositifs contenant des cellules ViaCyte juste sous la peau. Chaque dispositif, aussi mince qu’une carte de crédit, contenait des millions de cellules cultivées en laboratoire et provenant initialement d’une seule lignée de cellules souches. Ces cellules avaient été préparées pour devenir des cellules bêta productrices d’insuline.

Six mois après l’implantation, les cellules avaient non seulement survécu mais étaient devenues des cellules bêta productrices d’insuline, ce qui a aidé les participants à l’essai à connaître leurs taux de glycémie et à libérer de l’insuline quand cela était nécessaire.

Cette étude a utilisé les taux de peptide C (libéré dans le sang comme sous-produit de la production d’insuline) pour mesurer l’insuline produite par les cellules implantées. Les chercheurs ont trouvé que les taux de peptide C augmentaient après que les patients aient mangé un repas, preuve d’une fonction normale des cellules bêta. Ce résultat est significatif car l’insuline externe (qu’elle soit reçue par injection, pompe ou stylo injecteur) ne génère pas de peptide C.

Les participants ont également passé 13 % de temps en plus dans la fourchette cible de glycémie et certains ont pu réduire la quantité d’insuline qu’ils s’injectaient.

L’insuline produite par les cellules implantées n’était pas suffisante pour inciter les participants à renoncer complètement à l’insuline externe, mais les cellules ont survécu et maintenu leur fonction une année complète après la transplantation. Cela témoigne du potentiel de durabilité de ce type de thérapie de remplacement des cellules et peut idéalement éviter les implantations fréquentes qui doivent être effectuées par intervention chirurgicale. Fait important, l’essai n’a révélé aucun problème de sécurité.

Cette recherche a été financée par FRDJ Canada, ainsi que par le Réseau de cellules souches du Canada, Vancouver Coastal Health Research Institute, les Instituts de recherche en santé du Canada, ViaCyte Inc. et California Institute for Regenerative Medicine.

Qu’est-ce que cela signifie pour les personnes atteintes de DT1 ?

Ces études apportent de l’espoir et un optimisme prudent concernant la thérapie de remplacement des cellules comme une voie possible vers un traitement curatif du DT1.

« Nos résultats prouvent l’incroyable potentiel de ce traitement à base de cellules souches. Grâce à des recherches plus approfondies, ce traitement pourrait un jour éliminer la dépendance aux injections d’insuline et transformer la gestion du diabète de type 1. », a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Timothy Kieffer, professeur aux départements de chirurgie et de sciences cellulaires et physiologiques de la faculté de médecine de l’UCB, et récemment nommé conseiller scientifique en chef de ViaCyte.   

La prochaine étape consiste pour les chercheurs à déterminer les cellules optimales pour la transplantation et le meilleur site de transplantation. Il faudra également étudier davantage la durée pendant laquelle les cellules fonctionnent efficacement, restent sûres, si un plus grand nombre de cellules est requis pour la production d’insuline à long terme et s’il est possible de se passer d’un traitement immunosuppresseur.

Un troisième produit de remplacement des cellules ViaCyte comprenant une source de cellules souches génétiquement modifiées, VCTX210, mis au point en partenariat avec CRISPR Technologies, a récemment été approuvé pour un essai clinique par Santé Canada. Contrairement au produit PEC-Direct utilisé dans les nouveaux résultats publiés, ce produit ne requière pas d’immunosuppression – une prochaine étape clé sur la feuille de route du remplacement des cellules. (Voir dernière ligne de l’illustration)

Apprenez-en plus ici : frdj.ca/des-nouvelles-excitantes-sur-les-nouveaux-essais-cliniques-approuves-par-sante-canada/

Les essais cliniques de ViaCyte sont l’un des nombreux traitements potentiels de remplacement des cellules que FRDJ appuie à l’échelle mondiale, dans le cadre de sa stratégie de recherche globale.  Apprenez-en plus à ce sujet ici : frdj.ca/la-recherche/

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